Quand la technologie sert la culture coréenne, en plein Covid-19 !

Après deux mois de quarantaine volontaire et un ralentissement inévitable de l’économie, la Corée du Sud entame sa phase de réouverture avec beaucoup de prudence en dépit des chiffres qui démontrent le succès du gouvernement à aplatir la courbe des infections. Les autorités ont annoncé la prolongation de la phase de distanciation sociale jusqu’à la mi-mai tout en prenant le pari d’ouvrir petit à petit les lieux publics.

On n’aura jamais autant entendu parler de la Corée du Sud que cette année, d’abord avec le succès planétaire du film Parasite et maintenant, en raison de la gestion exemplaire de la Covid-19.

La gestion exemplaire de cette crise sanitaire par la Corée du Sud mérite qu’on s’attarde aux facteurs qui l’ont permis, je vous propose donc de jeter un œil aux stratégies mises en place notamment dans le secteur culturel, domaine en pleine expansion qui a permis au pays d’accéder à une reconnaissance mondiale.

Des procédures sanitaires exceptionnelles qui deviennent la norme

Dès le début de la crise, le gouvernement a choisi de ne pas confiner sa population, mais lui a fortement recommandé d’une part le port du masque – devenu obligatoire par la suite – et d’autre part d’éviter les activités extérieures et les rassemblements, ce que la majorité des Coréens ont accepté de faire. Le respect de ces consignes ont permis à certains lieux touristiques extérieurs importants comme les palais royaux et les temples bouddhistes de rester ouverts.

Le port du masque est devenu la norme, à tel point qu’il se fond parfois dans le décor, comme ici avec les gardes royaux de la Porte de Gwanghwamun.

Les désinfectants sont omniprésents dans l’espace public et depuis peu, les entreprises ont commencé à se doter d’appareils pour prendre la température du personnel et des visiteurs et des stérilisateurs sur pied pour désinfecter les vêtements, comme ici à l’entrée d’un grand groupe médiatique.

Des salles de cinéma à moitié pleines (afin de respecter la distanciation sociale)

Nos politiciens nous le répètent quotidiennement : deux mètres sauvent des vies. Les propriétaires de cinémas coréens l’ont vite compris ! Les nouvelles technologies sont omniprésentes dans la vie des Coréens, ne serait-ce que pour l’achat d’un billet de cinéma. Réserver sa place se fait uniquement via une application web ou par le biais d’un distributeur au cinéma. Un plan de la salle est proposé aux clients afin de choisir son siège qui est numéroté.

Depuis le début de la crise, l’activité des salles de cinéma a beaucoup baissé, mais les exploitants ont pu maintenir une activité minimale en bloquant l’accès à certains sièges afin de respecter ces fameuses normes de distanciation.

La culture de plus en plus connectée

L’industrie culturelle coréenne est un secteur économique très performant, pour preuve la dernière tournée du groupe de K-pop BTS qui a rapporté près de 120 millions de $ US en 2019 (source : Billboard). Leur tournée 2020 s’annonçait aussi fructueuse, mais, comme les autres, la pandémie reliée à la Covid19 a tout mis sur pause.

Pourtant, les artistes et les labels ont su tirer avantage de la situation en utilisant ce qu’ils connaissaient le mieux : les réseaux sociaux et les plateformes en ligne. En effet, le Web a toujours été l’outil principal de diffusion, de promotion et de consommation du «Soft Power» coréen (musique, cinéma, mode, etc.). Grâce aux normes sanitaires respectées, les artistes peuvent toujours honorer les billets vendus en jouant dans les salles de spectacle, aux dates initialement prévues. À une différence près : c’est que le public assiste en direct et virtuellement à cette prestation dans le confort de son salon.

Naver, l’exception coréenne

Si vous n’avez jamais visité la Corée du Sud, ce nom ne vous dira certainement rien et pourtant… Naver, c’est le « Google de la Corée du Sud ». Créé en 1999, il est le premier portail web coréen et est rapidement devenu une interface incontournable avec 42 millions d’utilisateurs inscrits en 2017. Depuis 2004, Naver accorde une place de choix au contenu culturel coréen et en particulier à la musique, avec leur plateforme de streaming V Live créée en 2015 qui permet aux célébrités de tous horizons de communiquer en direct avec leurs fans du monde entier. Depuis le début de la crise, beaucoup de groupes ont signé des ententes avec elle afin d’offrir du contenu exclusif gratuit et payant pour garder le lien actif avec leur communauté. Dans un marché concurrentiel et réputé peu profitable aux artistes, la compagnie vient d’annoncer qu’elle reverserait des royalties en fonction du nombre de fois qu’une musique est jouée sur la totalité des musiques écoutées par un abonné, ce qui est nouveau dans l’industrie et qui devrait être plus profitable aux artistes les moins connus.

C’est le début de «l’après-crise» et rien n’est parfait, mais pour le moment une chose est sûre, avoir fait le choix de stratégies numériques a été profitable à la culture coréenne pour se maintenir vivante. Reste à savoir si ces exemples peuvent appliqués au Québec !


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